L’hypnose Ericksonienne qu’est ce que c’est ?

«Faites confiance à votre inconscient» Milton Erickson

Par l’étymologie, le terme signifie « état de sommeil» . Voilà qui génère la confusion. Depuis le XIXème siècle James Braid (chirurgien écossais) a employé ce terme pour désigner cet état de semi conscience et ce terme s’est répandu dans la communauté des médecins.

L’hypnose a longtemps été l’objet d’une mystification, il faut dire que les spectacles aiment à cultiver cette image ! En réalité c’est un état naturel, que tout le monde connaît. Que l’on expérimente lorsqu’on fait quelque chose de routinier, à chaque fois que les pensées s’en vont très loin. Parfois, on se relaxe tellement que l’on entend ce qu’il se passe autour, mais on n’est pas vraiment capable de bouger, en tout cas, on n’en a pas envie du tout. En hypnose et en cabinet, la personne sait qui elle est, ce qu’elle fait et pourquoi elle le fait et à tout moment si elle le souhaite, elle peut se lever et sortir de la pièce.

On dit que c’est un état modifié de conscience : donc on est conscient. L’état est modifié si on le compare à un état habituel. Donc les sensations internes sont différentes. On a des sensations de légèreté, de lourdeur, de brouillard, de vibrations, de bizarre etc…

Vous remarquerez que la conscience est très malléable, et quand je parle d’état de conscience habituel… vous imaginez quelque chose qui a un sens pour vous. Une représentation personnelle. Et votre meilleur ami n’a pas du tout la même conscience habituelle…. L’important c’est la modification, c’est grâce à la modification d’état de conscience que votre perception permet de négocier le progrès escompté.

L’hypnose Ericksonienne, qu’est ce que c’est vraiment ?

Qui était Milton Erickson ?

Milton Erickson était un psychiatre et psychologue américain (1901-1980). Incapable de reconnaître les rythmes et les sonorités musicales, daltonien, il est également gravement dyslexique. Paralysé par une poliomyélite à l’âge de 17 ans, il enrichit sa vie intérieure : ses pensées, ses sensations, son dialogue interne, son observation des individus et leur façon de communiquer : les paroles et la gestuelle. Ses observations lui permettent entre autres de modéliser son schéma corporel, d’observer le langage verbal et non verbal.

Il enrichit sa vie intérieure et découvre comment solliciter les ressources de cette part mystérieuse que certains appellent l’inconscient. Ses investigations lui permettent de développer les ressources personnelles inconscientes pour que son corps retrouve sa mobilité.

Il sort de cette épreuve grandit et part à 21 ans sur les lacs du Wisconsin parcourir 1200 miles en canoë avec seulement 5 dollars en poche. Il devient par la suite psychiatre et psychologue et partage ses découvertes pour faire avancer la science.

la PNL ( programmation neuro linguistique ) et l’hypnose Ericksonienne

La PNL est une partie de l’Hypnose Ericksonienne. Dans les années 1970 en Californie, des chercheurs : Richard Bandler et John Grinder, ont étudié les modèles du succès de certains thérapeutes comme Virginia Satir, Fritz Pearl et Milton Erickson. Ils en ont élaboré les modèles du changement cognitif et comportemental de la personne. Partout dans le monde la PNL et l’Hypnose Ericksonienne sont indistincts. Un anglophone s’étonnera qu’en France on considère que ce n’est pas la même chose.

Les caractéristiques du modèle Ericksonien

La posture de l’opérateur est non directive. On négocie avec l’inconscient, et on considère que tout a une fonction positive. Même un symptôme indésirable. La position du sujet est active, il accepte et participe à l’expérience. Il explore l’état modifié de conscience, comme lui appartenant et non comme étant voulu et imposé par l’opérateur. L’hypnose Ericksonienne est très utilisationnelle. L’important c’est le résultat, et qu’il n’y ait pas d’inconvénient à cela.

En hypnose Ericksonienne on se met à la portée de l’utilisateur: son regard sur le monde, ses ressources propres, son univers, ses croyances, ses sources de motivation

On autorise le dialogue avec l’inconscient et on se familiarise avec l’idée de l’accessibilité de l’inconscient et d’un dialogue possible avec cette part, jugée auparavant inaccessible.

le langage Ericksonien

C’est un langage où chacun peut se retrouver, et où l’imaginaire personnel active les processus de changement, sans que l’opérateur ait à dire précisément ce que l’expérimentateur doit faire. C’est flou, et très évocateur pour la personne qui l’entend. L’opérateur s’adresse à l’inconscient avec des mots que le sujet comprend à un certain niveau et l’inconscient à un autre niveau. L’objectif c’est d’activer des processus inconscients sur la thématique exposée. L’idée est d’autonomiser la personne et qu’elle trouve sa solution personnelle.

L’hypnose avec transe formelle

Il y a de nombreuses façons d’entrer dans un état modifié de conscience. Quand il y a une transe formelle, à un moment donné l’opérateur l’annonce et propose certaines pratiques pour induire avec le consentement du sujet un changement d’état interne. Dans ce contexte là, la personne est attentive à toutes les modifications de perception interne, et est invitée à volontairement développer ces transformations en focalisant son attention sur ses sensations corporelles et son monde imaginaire.

l’hypnose sans transe formelle

C’est ce qu’on appelle l’hypnose Ericksonienne conversationnelle, La personne glisse dans un état un peu spécial où elle voit des choses, elle perçoit dans son corps comme si elle y voyageait, le plus souvent les yeux ouverts, passe dans un monde imaginaire, revient plus dans la réalité concrète, repart dans son monde imaginaire etc… C’est très puissant et d’autant plus efficace que c’est une technique très fluide. Quelques fois on l’appelle hypnose sans hypnose.

Les phénomènes hypnotiques corporels

L’hypnose ne serait pas complète (en tout cas beaucoup moins intéressante) s’il n’y avait des manifestations physiques et observables de l’inconscient.

Vous avez sans doute remarqué que parfois les uns ou les autres, nous avons des muscles qui bougent sans que nous ayons vraiment décidé que cela advienne. Des tremblements, des doigts qui s’agitent, une tête qui hoche pour dire qu’on est d’accord, ou qu’on doute etc… tout ceci n’est pas consciemment décidé. L’inconscient manifeste corporellement ses états internes. L’accord, le désaccord, le doute, l’anxiété… C’est grâce à ce langage corporel que les hypnothérapeutes communiquent avec l’inconscient.

Quand la personne est bien absorbée dans son état modifié de conscience, elle entend et sait très bien ce qu’il se passe, rassurez vous, elle est simplement suffisamment relâchée pour que l’on demande à son inconscient de dire s’il est d’accord ou pas avec une proposition. Et comme tout est négociation, son alliance est particulièrement nécessaire. Donc on convient d’un signe pour le «oui» et d’un signe pour le «non». La personne qui vit cette expérience ne bouge pas volontairement et souvent ne sent pas non plus le mouvement. Pour autant l’information fournie est importante.

Selon le même principe on mobilise l’inconscient en jouant avec les sensations de lourdeur ou de légèreté. Ainsi très souvent le sujet a une main qui devient légère et qui s’élève alors qu’il n’a rien fait volontairement. La main s’allège tellement qu’elle tient toute seule en l’air. C’est assez agréable et impressionnant de sentir qu’une part profonde de soi se mobilise et s’investit dans la résolution d’une problématique.

Dernièrement une cliente me disait « quand j’ai senti ma main qui se levait toute seule, ça m’a fait du bien de sentir que mon inconscient prenait le relais par rapport à ce problème. Mon bras a bougé tout seul, je l’ai vu et je l’ai senti et je sais que maintenant mon inconscient fait ce qu’il faut pour permettre une solution positive. Il a compris ce que je lui demandais ».

Les phénomènes hypnotiques non corporels

La personne voit parfois spontanément des choses, des symboles, des souvenirs, des personnes, tout se passe d’une manière très spontanée et surprenante. Cela dépasse l’imaginaire conscient. C’est à un autre niveau.

L’hypnose, à quoi ça sert ?

L’objectif de l’hypnose, c’est de permettre à la personne de dialoguer avec son inconscient et de lui demander des changements. Des changements émotionnels, comportementaux, de perception de la réalité, agir sur le stress, les peurs, les croyances ou encore le sommeil… En réalité, le vrai objectif, c’est le résultat, l’hypnose n’est qu’un point de passage pour permettre à l’inconscient de trouver ses propres solutions.