Le Stress

Bien comprendre la nature du stress

Le mot est passé dans le langage courant, c’est un mot un peu fourre-tout qui désigne des réactions psycho corporelles d’inquiétude, d’appréhension, de trac etc…

Le canadien Hans Selye a le premier étudié le phénomène et c’est lui aussi qui a donné ce nom : «stress» issu de la langue anglaise (tension mécanique). H. Selye a défini ce processus comme un «syndrome général d’adaptation», en effet, c’est le besoin d’adaptation à notre univers, intérieur comme extérieur qui produit cette «tension mécanique» et ces symptômes qui témoignent du travail personnel d’adaptation.

« … le changement n’est pas seulement nécessaire à la vie, il est la vie. Et, par conséquent, vivre c’est s’adapter. »
Alvin Toffler (Le Choc du futur)

Ce qu’il se passe réellement

On a coutume de distinguer trois phases dans le stress :

  1. le déclencheur du stress: tout allait bien et il se passe un événement stressant, ( une nouvelle tâche à accomplir, une interaction sociale, prise de conscience, ou tout simplement un simple retard…)
  2. le cerveau réagit et crée les réactions physiologiques en réponse à l’événement : une montée d’adrénaline, battement de coeur accélérés, respiration rapide. C’est l’alerte. C’est la phase d’adaptation, la personne fait face, jusque là le stress est dynamisant, il pousse à l’action, il amène à contacter des ressources personnelles. Le corps sécrète des hormones permettant d’agir.
  3. la situation dure, la personne puise beaucoup dans ses réserves d’énergie. La fatigue se fait sentir et s’il n’y a aucune sortie de crise en vue, alors la démotivation, le relâchement s’installe, la perte de confiance en soi, la baisse d’estime de soi. La personne est intérieurement déstabilisée et nourrit des pensées personnelles négatives.

Pour tout être vivant, il y a trois réactions possibles : le combat, la fuite, la paralysie. Ce sont les trois schémas en réaction au stress.

Les réactions au stress

C’est un mot un peu «guerrier», il s’agit souvent d’une action pour changer la situation : un dialogue, négociation, travail supplémentaire etc…), si ce n’est pas possible, on fuit,dans le concret ça peut être la démission d’un poste, un renoncement à une situation, une maladie qui arrive à point nommé pour s’éviter d’affronter ce que l’on ne se sent pas capable d’affronter.

Si la fuite n’est pas possible, alors on fait le mort. Faire le mort peut se traduire d’un point de vue psychique par une anesthésie émotionnelle, une perte de sensation, un détachement, un désintérêt, l’oubli etc…

Les symptômes du stress

Le système hormonal et neurologique a un tel impact sur le métabolisme que selon les individus et d’une manière plus ou moins prononcée, il y aura une quantité impressionnante de symptômes comme les difficultés de sommeil, augmentation de la pression artérielle, accélération du rythme cardiaque, irritabilité, une digestion difficile… les pensées négatives récurrentes, la fatigue, les palpitations, la tachycardie, les douleurs persistantes, les tensions musculaires, les difficultés respiratoires, l’hypertension la concentration difficile, la mémoire défaillante etc…

Stress aigu, stress chronique…

Néanmoins c’est important quand la situation est terminée de faire une pause, de souffler. De se dire « ça y est c’est fini, tout va bien maintenant» c’est le moment pour faire un bilan et tirer les enseignements de l’expérience.

C’est un pic, et il redescend… C’était ce qu’on appelle une crise aiguë de stress. L’origine d’un stress aigu peut être un divorce, la perte d’un proche, un déménagement, mais pas forcément un événement négatif, une promotion professionnelle, l’achat d’une maison etc…

Stress chronique

La situation dure, longtemps… la personne ne peut pas relâcher sa tension intérieure, elle semble ne jamais pouvoir se dire «ça y est, tout va bien maintenant, je peux retrouver une vie normale « la personne se vit (à tort ou a raison) comme ne pouvant pas agir concrètement sur son vécu. En tous cas elle ne voit pas les autres choix possibles. Une tension intérieure importante s’installe, le corps sécrète des hormones qui avec le temps, modifient la structure du cerveau. Les symptômes sont très variés : douleurs (tête, dos, ventre…), insomnie, dépression, irascibilité, manque de concentration, hypertension, système immunitaire moins efficace…etc

On parle alors de stress chronique dans le cas où la personne est dans un état d’alerte et de tension permanente. Les raisons de ce stress chronique peuvent être :

  • une accumulation de plusieurs situations de stress aigüe. ou un chevauchement de plusieurs situations stressantes à intervalle court.
  • une épreuve de la vie dont on ne peut s’échapper : une maladie : de soi ou d’un proche, une responsabilité trop lourde, des revenus insuffisants, précarité professionnelle etc…
  • une nature anxieuse
  • une histoire de vie ponctuée d’événements traumatisants, une enfance insécurisante…

Très souvent les similitudes parlent, et l’on retrouve dans le présent des situations en calque du passé. Des configuration de stress qui se répètent. Une action en thérapie par l’hypnose apporte une libération et l’ouverture à des choix beaucoup plus larges. La personne décrira les schémas en place, et avec ces schémas, les mots de ces schémas et les sensations corporelles, on explorera cette configuration pour en comprendre l’intelligence, utiliser les ressources positives qui s’expriment déjà et créer le contexte pour qu’elles se développent pleinement.

Les réponses au stress chronique : l’exercice physique, la diététique, les techniques de relaxation, et évidemment l’hypnose, l’EFT et parfois le RITMO (EMDR et hypnose simultanés).

Le stress chronique est très limitant, il amène une situation d’évitement, une perte de confiance en soi, donc une anticipation de soi à l’avenir dans des situations négatives, d’échec , très limitées, par besoin de sécurité ou par incapacité à imaginer du succès.

La mémoire

L’émotion et la mémoire

Notre système est fait pour nous protéger d’une manière générale, la mémoire est associée elle aussi à la survie. De ce fait dans une situation, la mémoire joue son rôle pour encoder une émotion à une situation. Tout est information. Chaque expérience vécue est enregistrée, et si elle a comporté un danger particulièrement , elle sera d’autant plus «enregistrée» dans le système de mémoire.

Plus une information est capitale, plus elle requiert de l’attention, plus elle sera solidement mémorisée : la concentration donne de l’énergie à l’acte d’intégrer l’information. Il se crée une sorte de focalisation sur cette information. Les émotions focalisent l’attention, donc accroissent la fixation de l’information dans la mémoire. ET ce, que l’événement soit positif ou négatif.

Le stress et la mémoire

La mémoire a besoin d’être focalisée pour fonctionner de manière optimale. Si une personne est soumise à beaucoup d’informations simultanées, son système sature et ne peut enregistrer les informations que de manière aléatoire.
C’est ce qu’on appelle l’interférence. Certains facteurs comme le froid ou le bruit génèrent particulièrement d’interférence. Avez vous remarqué que le bruit d’une radio gène le conducteur qui cherche sa route… c’est normal.

Selon les recherches scientifiques, il semble que le cortisol lorsqu’il est en quantité trop importante (comme lorsqu’une personne est en stress élevé) sature les récepteurs de glucocorticoïdes dans le cortex préfrontal et l’hippocampe, deux organes primordiaux pour activer la mémoire.

Il a été également prouvé par de nombreuses études que le stress agit d’une manière stimulante pour la mémoire jusqu’à une certaine mesure : un peu de stress active les fonctions mnésiques. Lorsque le stress dépasse une mesure acceptable pour l’individu ( et chacun est différent…) alors il y a un effet inverse, et la mémoire dysfonctionne. C’est une courbe en forme de U inversé.

La mémoire de vie et le programme identitaire

S’il s’agit d’un stress chronique, on peut alors se rendre compte que ce que vit la personne dans son présent trouve une racine dans son passé, des similitudes parlent, comme une configuration de stress qui se répète. Avec ces schémas, les mots de ces schémas et les sensations corporelles, on explore cette configuration pour en comprendre l’intelligence, utiliser les ressources positives qui se sont déjà exprimées et installer un mieux être.

Chaque expérience reliée à une émotion apporte une mémoire qui agit comme un programme d’adaptation au monde, et peut générer bien évidement un stress chronique et en tout cas un programme personnel définissant l’identité

On ne parle pas dans ce cas de traumatisme, mais plutôt d’un cumul d’expériences conscientes et inconscientes qui mettent en place des filtres, des croyances limitantes, des comportements limitants.
La projection du désir des parents sur leur enfant par exemple paramètre énormément de croyances personnelles et influence le comportement, les choix, les peurs les désirs etc…

Outre le travail de thérapie, il est bon d’avoir certaines pratiques : art énergétique (yoga, chi kong…) pratique régulière d’une activité physique, pratiquer la méditation régulièrement, pratiquer un art, la vie sociale, avoir une alimentation saine équilibrée et variée, être dans la nature dans une présence consciente…