Les peurs

Question de mots et question de mesure

«J’ai survécu à de nombreux naufrages…qui n’ont jamais eu lieu» Mark Twain écrivain et grand anxieux !!

La peur est une émotion tout à fait naturelle, elle fait partie de la vie, elle est même nécessaire à la vie, car elle donne l’impulsion de se protéger et de créer un «périmètre de sécurité» autour de son environnement.

Lorsqu’un problème survient, une menace, dans l’immense majorité des cas, le sujet vous dira «je n’ai pas eu le temps d’avoir peur», «c’est allé trop vite, je n’ai pas réalisé sur le moment» la peur, c’est souvent après, ou avant, dans la projection par anticipation de ce qu’il pourrait se passer.

Il y a des événements dont on peut se prémunir, et pour lesquels en effet il est bon de le faire, et d’autres événements dont on ne peut pas se prémunir. On ne peut pas agir sur les grandes décisions du «destin», et on ne peut pas décider pour autrui.

La mesure à trouver est dans une certaine forme de rationalité et d’exprimer les émotions en terme d’énergie, comme un chef d’entreprise parlerait de ses investissements.

Par exemple :
« Est ce que ça vaut le coup de consacrer ce temps et cette énergie, à se protéger de ce danger, compte tenu de la probabilité objective que ce danger se passe ?»

Et ce mot, précieux riche de sens, le vrai moteur de tout : la confiance trouve tout son sens.

A partir d’une certaine mesure, être en permanence dans l’anticipation négative et la peur consomme une quantité d’énergie dont la personne ne dispose plus pour avancer et créer des contextes positifs.

“J’ai appris que le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité de la vaincre.” N. Mandela

Le remède à la peur, c’est consacrer son temps à agir, créer sa vie avec optimisme.

“Quand on reste immobile, la peur pousse mieux.” D. Picouly

Il y a différentes dénominations, selon la puissance de l’émotion ressentie et selon la structure.

L’anxiété et l’angoisse

Angoisse et anxiété proviennent d’une même racine étymologique : angere en latin qui signifie serrer et qui relate bien ce qu’il se passe intérieurement : oppression physiologique ressentie, et oppression psychique. Dans les deux cas, on anticipe négativement, l’anxiété et l’angoisse font toutes deux partie de la famille des peurs. Cette peur peut venir d’une anticipation négative, mais également de la répétition d’une expérience vécue traumatisante. Dans les deux cas, la personne, au présent, se projette dans le passé ou dans l’avenir.

Les troubles anxieux

Il y a des personnes anxieuses, d’une manière constante. Leur peur naît par anticipation dans un imaginaire débridé qui va analyser toutes les possibilités-catastrophe et pour lesquelles le sujet serait sensé trouver une solution par avance.

On pourrait à l’infini consacrer son énergie et son temps à créer de la sécurité, et c’est une vraie aliénation. Elles se font du souci, ne peuvent contrôler leurs pensées orientées problème. Les personnes qui s’enferment dans cette anxiété sont fatiguées, irritables, sursautent facilement… hyper réactives. elles sont pessimistes, inquiètes, elles ont des tensions musculaires, ont une respiration courte et thoracique. Souvent la personne anxieuse fait l’objet d’une ou plusieurs phobies. La personne anxieuse peut continuer à vivre sa vie quotidienne. Certaines d’entre elles n’ont pas conscience d’être anxieuses c’est souvent l’entourage qui leur fait remarquer.

«Je suis d’une nature anxieuse…» comme si c’était une fatalité, et un programme identitaire !

Trouble anxieux généralisé

On parle de Trouble Anxieux Généralisé lors que la personne vit dans le souci permanent de tous les détails de sa vie quotidienne. Là encore c’est une question de mesure. Il vaut mieux intervenir rapidement avant d’en arriver à des extrémités….

de l’anxiété à l’angoisse : l’angoisse peut faire son lit sur un terrain anxieux. Et lorsqu’on a déjà eu des crises d’angoisse, la peur d’avoir à nouveau une crise peut s’installer. C’est la peur d’avoir peur, qui pousse à limiter les actes de la vie quotidienne pour se protéger de cela.

Et ceux qui sont dans ce cas, se reconnaîtront dans le fait que ces limitations si elles protègent, restreignent de plus en plus le champ de vie, et ne sont pas une solution durable.

Crise d’angoisse

L’angoisse est plus ponctuelle, très perturbante, elle se réfère à une expérience intense. C’est un état de crise, c’est violent et l’intensité baisse à moment donné. Pendant la crise la personne se vit comme en danger imminent et très grave. Elle ne peut s’en protéger. Les sensations thoraciques sont très pénibles, il y a une oppression forte, le cœur s’accélère, la gorge et l’estomac se nouent. Il arrive parfois même que la personne ait l’impression de «quitter la réalité» au maximum d’une crise. Dans ce cas, on est très proche de ce que l’on appelle panique.

La panique

L’attaque de panique, le trouble panique….

Symptômes

La crise de panique est une angoisse portée au paroxysme. la personne imagine des faits en décalage et démesure vis à vis de la réalité. la peur provoque des anticipations, qui génèrent de la peur, qui génère… la respiration saccadée, courte, , le rythme cardiaque s’accélère, ces signes augmentent la peur qui augmente elle à son tour les symptômes…
pour récapituler clairement et selon les critères du DSM 5 il est convenu d’appeler «panique» un état qui rassemble au moins 4 de ces points :

  • transpiration excessive et injustifiée
  • palpitations, changement de rythme cardiaque
  • tremblements
  • sensations d’étouffement, essoufflement
  • gorge serrée, déglutition gênée
  • douleurs, inconfort thoracique
  • vertige, instabilité, vide ou impression d’évanouissement
  • nausées
  • froid ou chaud injustifié
  • engourdissement, fourmillement
  • sentiment d’irréalité
  • peur de perdre le contrôle ou de devenir fou
  • peur de mourir

Structure

Lors d’une attaque de panique la situation anticipée est totalement disproportionnée, la panique n’est pas provoqué par un objet extérieur, elle naît de pensées, ou de sensations corporelles personnelles (proprioception). Une réaction de peur a pour fonction positive de nous préparer à réagir, nous protéger, la panique ôte toute capacité à réagir concrètement.

Se libérer de ses peurs, c’est un choix

Il arrive bien souvent que la personne atteinte par des angoisses, phobies ou peurs en général éprouve également un certain inconfort à l’idée de vivre un état hypnotique. De ce fait elle crée elle même un contexte défavorable à l’émergence d’un changement de comportement. Les solutions que je préconise dans ce cas sont l’EMDR avec de l’hypnose en simultané, ou la technique personnelle que j’ai mise au point qui allie l’hypnose conversationnelle et l’EFT.

Dans les deux cas, l’approche est totalement non violente, l’inconscient va trouver les solutions accessibles et écologiques pour la personne. Les progrès se font au rythme où la personne est capable de les faire, ni plus ni moins.

Et c’est déjà beaucoup plus qu’on ne le pense. De séance en séance la personne pourra constater que son comportement évolue, que son dialogue intérieur est beaucoup plus serein et positif, que spontanément et sans s’y contraindre les actes se mettent en place. A lire ces mots, on a l’impression que la personne n’a pas d’effort à faire, ce qui est totalement faux. Il est absolument indispensable que la personne choisisse de se libérer de ses peurs. Elle ne vient pas en cabinet «pour voir» ce que le thérapeute pourrait faire à sa place, elle vient en cabinet pour participer avec son intention authentique de changer sa représentation du monde et d’elle même.

A partir de là, on apprendra à cultiver les forces, à donner de la vigueur à la confiance en soi, par des actes, des comportements précis. C’est une vraie rééducation émotionnelle et comportementale globale qui inclus le dialogue intérieur, le rapport à son corps, et la relation à soi-même, bienveillante et patiente.

Phobies

Symptômes

La phobie fait partie des troubles anxieux, c’est une réaction de peur extrême et irraisonnée, avec des symptômes violents comme l’étouffement, la nausée, les vomissements, douleurs abdominales et impossibilité de faire face à l’objet déclenchant la phobie ni d’imaginer faire face à cela. Une réaction phobique est provoquée par un déclencheur précis. ce peut être un animal, une situation, une action…

Structure

Il existe de nombreuses phobies classées en fonction de l’objet qui provoque la phobie, et néanmoins des personnes dites phobiques ont tendance à accueillir des phobies diverses. Peur de vomir (émétohobie), peur d’être coincée en voiture surtout sur l’autoroute (amaxophobie et ), peur des araignées (arachnophobie), peur des serpents, peur de la foule, peur de traverser une route, peur d’être malade, peur du noir (achluophobie), peur de l’eau, peur de l’avion… une phobie faisant souvent place à une seconde phobie, très souvent une personne faisant l’objet d’une phobie principale voit apparaître d’autres phobies.

Il y a une sorte d’expansion de la phobie. De ce fait la personne s’adapte en restreignant son champ d’action, de plus en plus jusqu’à handicaper réellement l’expérience de vie.

Par exemple : «je ne vais pas à la campagne parce que j’ai peur des araignées, puis j’ai peur aussi des abeilles, des guêpes et autres insectes… que je trouve aussi dans mon appartement…»

autre exemple : «je me suis sentie mal un jour en conduisant parce que j’étais sur une autoroute, je conduisais, il y avait du monde de tous les côtés, je me suis sentie étouffée, je ne savais pas comment faire, j’avais envie de partir et je ne pouvais pas, depuis je ne prends plus l’autoroute, mais je me rends compte que sur une route express je commence à me sentir mal aussi, donc j’évite, j’ai peur d’avoir peur…» puis la personne ressent des gênes également sur des routes qu’elle ne connait pas, etc…et de restrictions de trajets en restrictions de trajets elle ne peut plus sortir de chez elle.

Thérapie

Là encore, dans ce cas, peut-être plus encore que dans d’autres situations, la personne doit avoir vraiment envie de sortir de la configuration phobie. Aucune thérapie ne peut fonctionner si la personne n’a pas au fond d’elle cette implication personnelle indispensable.

Il est bon alors de se poser des questions vertueuses comme : les avantages de conserver cette peur ? les inconvénients de garder cette peur ?

Qu’est ce que cette peur permet depuis qu’elle est là, et qui n’était pas possible avant?

Comment serait la vie sans ce symptôme?

Quand la peur cessera, quelle étape de vie va pouvoir commencer pour la personne ?

Ces peurs ne sont pas sans fondements, on peut ressentir cela à l’idée de perdre un être cher, à l’idée d’avoir des soucis financiers ou des soucis de santé, et c’est bien compréhensible.

La vie est changeante et comporte de l’incertitude. Et face aux vicissitudes de la vie chaque être vivant ne peut que trouver des stratégies d’adaptation, pour faire face à sa façon. Au final ce qui est important c’est de pouvoir se dire que quoi qu’il arrive on trouvera les solutions, on fera face. L’anxieux, lui, doute de sa capacité à faire face. Doute de ses ressources personnelles, du soutien social, de ses moyens d’action sur le présent. La personne se sent vulnérable et n’accepte pas sa fragilité.

Il y a des schémas de sortie de angoisse ou d’anxiété :

  • désactiver l’origine du ou des traumatisme(s) s’il y en a.
  • relativiser la projection de la peur c’est à dire la peur imaginée
  • travail sur les sensations corporelles et constater à quel point le corps et les idées, le corps et les images, le corps et l’inconscient sont conjointement tramés.
  • augmenter les ressources personnelles (confiance, courage, soutien social…)

En théorie avec l’hypnose Ericksonienne, la PNL , l’EMDR et l’EFT on peut intervenir sur ces quatre axes de travail, néanmoins en ce qui me concerne je choisis de préférence l’EMDR pour traiter les traumatismes. La façon dont je l’utilise est plus confortable pour le sujet.

J interviens avec l’hypnose E la PNL, et l’EFT sur les autres axes de travail. Très souvent j’utilise ces techniques de manière intégrée, c’est à dire très mêlée, simultanée.